La cathédrale de Séoul de l'église anglicane de Corée

Jean-Marie THIÉBAUD

Dès la signature d'un traité de commerce et d'amitié entre la Grande-Bretagne et le royaume de Chosun (Corée), des missionnaires anglais débarquèrent au Pays du Matin Calme pour y introduire la religion anglicane.

De style néo-roman et la première du genre en Extrême-Orient, la cathédrale de Séoul de l'église anglicane de Corée (1) a été construite le 2 mai 1926 par Mark Nappier Trollope (Cho en coréen), le 3e évêque de cette communauté chrétienne (qui avait célébré sa première messe au Pays du Matin Calme le 21 décembre 1890). Sa construction, interrompue pour des raisons financières, n'a pu être achevée que le 2 mai 1996 (après la découverte fortuite dans la petite bibliothèque de la ville anglaise de Lexington, trois ans plus tôt, du plan original dessiné par l'architecte, ce qui permit la poursuite des travaux que les autorités séoulites avaient jusqu'alors refusés car l'édifice était classé monument historique). Cette cathédrale, flanquée de tours carrées (auquel on ne peut accéder) et couverte d'une toiture en harmonie avec l'architecture locale, est aujourd'hui inscrite au patrimoine national de la Corée du Sud. Bâtie en forme de croix, la nef prenant appui sur douze piliers symbolisant les apôtres, elle possède un baptistère octogonal (2). La voûte du chœur est entièrement recouverte d'une grande mosaïque représentant le Christ portant, dans sa main gauche un livre ouvert portant l'inscription EGO SUM LUX MUNDI ("Je suis la lumière du monde"). Elle a été offerte par un Anglais, George Jack.
Le grand autel en granit est un don collectif de quatorze évêques britanniques et écossais.
La chapelle de la Vierge Marie, dans la partie nord de l'édifice, abrite les portraits de cinq religieuses et prêtres (les prêtres Hong Gallo, Lee Do-am, Lee Won-chang, Yoon Da-lyoung et sœur Mary Clare), abattus pendant la guerre de Corée ou morts lors de la terrible marche conduisant les prisonniers vers les camps de la Corée du Nord par une température qui descendit fréquemment jusqu'à - 30° C (voir du même auteur, "La Présence française en Corée", éd. de L'Harmattan, 2005).
La crypte de la cathédrale, construite pour commémorer la mémoire du Révérend Arthur Beresford Turner, le second (3) évêque de Corée de l'église anglicane, possède quatorze colonnes disposées en fer à cheval tout autour de l'autel et la grande nef au sol de laquelle on remarque une superbe plaque de cuivre gravée par Francis Cooper en 1932. Ornée aux quatre coins des symboles des quatre évangélistes (l'ange, l'aigle, le taureau et le lion), du portait en pied, grandeur nature, d'un évêque mitré portant dans la main gauche sa crosse et, dans sa main droite, une maquette de la cathédrale pour rappeler qu'il en fut le constructeur, et d'une inscription en lettres gothiques, elle recouvre les restes du Révérend Mark Nappier Trollope. Depuis 1985, cette crypte possède ses propres orgues.

Jean-Marie Thiébaud

(1) 3 Chong-dong, Jung-ku, Seoul 100-120. Tél. : 82-2-730-6611.
(2) L'octogone est symbole d'éternité.
(3) Le premier évêque de l'église anglicane de Corée fut le Révérend John Corfe.
Voir aussi : Les trois premiers évêques de l'église anglicane de Corée, Corfe, Turner et Trollope.


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