L'abjuration de Gédéon Béranger de Montaigu
Capitaine à la citadelle de Besançon et du régiment du Maine (26 juin 1700)

Jean-Marie THIÉBAUD

La Franche-Comté, vieille terre catholique, a connu, depuis le 16e siècle, des abjurations de protestants originaires de Suisse. Mais après la conquête de la province par les troupes de Louis XIV en 1674 et l'annexion définitive de la Franche-Comté en 1678, ce furent parfois des Français en garnison qui renoncèrent au calvinisme. Ce phénomène s'amplifia après la révocation de l'édit de Nantes.

Le registre paroissial de Saint-Maurice de Besançon (Doubs), conservé à la Bibliothèque municipale de cette ville, renferme un cahier d'abjurations. Les protestants convertis étaient pour la plupart originaires de la Suisse voisine et notamment du canton des cantons de Berne et de Lausanne. Toutefois, quelques Français abjurèrent également l'hérésie de Calvin, peut-être sous la pression de leurs amis ou pressentant que leur confession pouvait constituer un obstacle dans leur carrière, quelques années après la révocation de l'édit de Nantes.
C'est ainsi, par exemple, que, le 26 juin 1700, Gédéon Béranger de Montaigu, capitaine à la citadelle de Besançon et du régiment du Maine, abjura l'hérésie devant le curé de Saint-Maurice, en présence de Jean Baptiste de Vaubourg (1), intendant de la Franche-Comté, Pierre de Rommecourt, lieutenant de roi à la citadelle, Jean Valentin de Viencellot, commissaire des guerres, Jean de La Prade, major de la citadelle, et Pierre d'Aligny, brigadier et colonel d'infanterie.

Jean-Marie Thiébaud

Source : Archives communales de Besançon, n° GG 150.

(1) Jean Baptiste Desmarets de Vaubourg, ancien intendant de Lorraine et du Barrois de 1691 à 1697, intendant de Franche-Comté de février 1698 à août 1700.


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