Song Kun-Ho (1926-2001)
Un grand journaliste sud-coréen d'opposition

Jean-Marie THIÉBAUD

Song Kun-ho, né en 1926 à Okcheon-goun, dans la province du Choungcheong Nord, décédé le 21 décembre 2001, diplômé de la Faculté de Droit de l’Université Nationale de Séoul en 1956, est assurément l’un des journalistes coréens qui ont le plus contribué à l’ouverture de son pays à la démocratie, en jouant un rôle-clé dans la naissance d’une nouvelle presse, le « Hankyoreh Shinmoun » dont il fut président-éditeur de 1987 à 1993. Ce journal avait pu naître grâce à la générosité de 60 000 donateurs désireux de voir enfin paraître un organe de presse d’opposition. Le pouvoir tenta de museler ce rédacteur en chef au verbe trop libre à son gré en lui faisant couper toutes les recettes provenant de la publicité, ce qui signifiait, à court terme, la mort pure et simple du journal. Mais, devant la réaction du lectorat, la présidence dut faire machine arrière.
Il avait débuté sa carrière de journaliste au Korea Correspondence et au Hankook Ilbo avant de rejoindre le Dong-A Ilbo. Puis, on le trouva comme éditorialiste et rédacteur de plusieurs grands journaux sud-coréens : le « Chosun Ilbo », le « Hankook Ilbo » et le « Kyunghyang Shinmoun » avant son arrestation dans les années 1980 étant alors accusé de complicité dans la « rebellion de Kim Dae-jung ». Libéré, il fonda, dès le 19 décembre 1984, une association de coalition pour des media démocratiques dont il devint tout naturellement le premier président. Réélu à deux reprises président de ce mouvement, il jugea utile de faire passer ses idées dans un bulletin, le « Monthly Mal » dans lequel il dévoila le contrôle que les autorités militaires exerçaient sur la presse. Puis ce fut la création du « Hankyoreh Shinmoun » qui fit de lui la grande figure de l’opposition sud-coréenne au pouvoir en place.

Jean-Marie Thiébaud


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