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Articles de presse

Les Francophones de Russie

Si pendant longtemps la Russie représenta cet empire lointain, inconnu et froid, la France entretint de régulières relations avec cette contrée éloignée. Dans la noblesse et la bourgeoisie russes, la langue française était la langue du savoir, de la science, de la civilisation occidentale. Très tôt, des Français partirent donc comme précepteurs, gouvernantes, commerçants, artistes, aventuriers, savants … au-delà de l’Oural. L’ouvrage du docteur Thiébaud se présente certes comme un dictionnaire avec, par ordre alphabétique, l’examen de 1300 biographies, cependant il s’agit d’autant de notices différentes, de 1300 histoires à lire avec intérêt.

Par ailleurs, comme l’on s’en doute, les périodes napoléoniennes constituent une phase centrale de cette œuvre monumentale. Un rapide calcul nous indique ainsi que près d’un tiers des articles sont liés à la Révolution, au Consulat et aux deux Empires. La part la plus belle revient à la campagne de 1812. L’auteur nous propose l’étude de près de 300 officiers ayant participé à la guerre contre Alexandre 1er. Leur carrière est brossée avec soin en insistant évidemment sur les épisodes de 1812, la Bérézina, Smolensk, la Moskowa… La Grande Armée occupa Moscou un peu plus d’un mois, du 14 septembre au 19 octobre 1812 : un mois crucial dans l’évolution de l’Empire.

Outre ces grognards (dont plusieurs disparurent ou connurent ensuite les geôles russes jusqu’en 1814, d’autres décidant de ne pas rentrer dans la mère Patrie : pensons à Caran d’Ache, petit-fils d’un officier prisonnier après Borodino ou le général Boyé de Montauban qui se maria et s’installa à Saint-Pétersbourg), l’auteur aborde la liste des ambassadeurs de France : le comte d’Hédouville de 1801 à 1804, Caulaincourt de 1807 à 1811 puis le marquis de Lauriston, avant de voir, sous Napoléon III, Morny puis le comte Fleury. Les généraux s’étant illustré en Crimée en 1854-1855 ne sont pas oubliés. Il en est de même des émigrés français s’étant installés en Russie lors de la Révolution. Certains y firent même souche. On y retiendra aussi le passage de quelques Suisses francophones comme le général Jomini, « devin de l’Empereur », qui passa du camp français à celui d’Alexandre 1er.

En définitive, « si la plupart des Russes ont malheureusement oublié la langue de Montesquieu […], il n’en demeure pas moins qu’ils ont gardé un attachement profond et sincère pour tout ce qui touche de près ou de loin la France, les Français et la francité. »

Thierry Choffat

REVUE DU SOUVENIR NAPOLÉONIEN, 65E ANNÉE, N° 440, avril 2002


Docteur Jean-Marie Thiébaud, Les Français et les Suisses francophones en Russie et en URSS, du Moyen Âge à nos jours, Édition Généaguide, 462 p.

Auteur concerné :

Jean-Marie Thiébaud


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