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Articles de presse

Le Dr Thiébaud ausculte les noms francs-comtois

Le Pontissalien Jean-Marie Thiébaud, médecin, ausculte à la loupe les noms de familles francs-comtoises annonçant la tenue en l’an 2000, à Besançon, du congrès mondial de généalogie

C’est en reconstituant l’arbre généalogique de sa propre famille, originaire des Terres-de-Chaux (canton de Saint-Hippolyte, Doubs) que Jean-Marie Thiébaud s’est découvert une passion dévorante pour cette science. Il éprouve d’ailleurs une certaine fierté à signaler qu’il est un descendant direct de Charlemagne et un lointain cousin de Bonnot (de la célèbre bande du même nom).
Depuis une bonne trentaine d’années, Jean-Marie Thiébaud, lorsqu’il ne consulte pas à son cabinet médical, passe le plus clair de son temps à rechercher la trace des familles comtoises jusque dans la nuit des temps. Il détient par exemple un fichier comportant 10 000 noms de Besançon de Besançon au XVIe siècle et possède la liste complète de tous les députés des villes et villages de Franche-Comté sous la Révolution sans parler d’un inventaire exhaustif des familles horlogères du Haut-Doubs.
La suprématie des forgerons
« Les noms de familles sont nés entre le XIIe et le XIVe siècle », observe M. Thiébaud, signalant que le nom le plus répandu aujourd’hui encore en Franche-Comté comme en Suisse voisine est Faivre (décliné et orthographié aussi Favre, Fabre, Fevre, Febvre), Faivre signifie forgeron. « C’était l’homme magique qui était au cœur de la vie économique du village, un individu doué d’un réel prestige », explique M. Thiébaud. Les noms de familles ont tous une origine professionnelle, géographique ou encore hérité d’une caractéristique physique.
Dans la première catégorie entrent par exemple les Monnier (meuniers), les Toitot (couvreurs), les Chapuis (charpentiers), les Peugeot (fabricants de pois) ou encore les Cuvier (fabricants de cuves). Parmi les noms tirant leur origine d’une appartenance géographique, on peut citer les Baverel (Bavière), les Bourgoin (Bourgogne), les Lallemand ou Alleman (Allemagne) ou encore les Pourchet dont l’histoire se confond avec celle du village de Lièvremont. « Le nom, c’est une carte d’identité, une carte de visite, un signe de fierté » relève J.-M. Thiébaud. Les patronymes attachés à l’apparence physique sont à cet égard plus ou moins lourds à porter.
Cocu est Cornu !
« Cornu veut dire cocu et Péquignot petit et malingre comme une plante qui a mal poussé ; c’était le bonzaï du Moyen Âge », mentionne J.-M. Thiébaud relevant encore que Saillard vient de saillir, signifiant que son titulaire « était un chaud lapin qui basculait les filles dans les meules de foin ». Le généalogiste ajoute que, d’une manière générale, tous les noms se terminant avec une finale en « ard » comme Bitard, Couillard, Chopard inclinaient à la moquerie, à l’ironie. »
Certains noms placent parfois leurs titulaires dans une telle gêne qu’ils souhaitent en changer. Ce fut le cas d’un pharmacien bisontin qui s’appelait Toutenue, rapporte M. Thiébaud. J.-M. Thiébaud constate par ailleurs que « les noms naissent, grandissent et meurent », rappelant que « plein de Francs-Comtois ont vu leur lignée s’éteindre après les ravages de 14-18 ».

A. P.

LE PAYS, décembre 1996

Auteur concerné :

Jean-Marie Thiébaud


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